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Jeunesse en manque de leaders ?

Ces dernières années,  il nous a été donné de voir, lors de différentes crises dans les pays ouest-africains,  l’émergence de leaders qui ont su, de par leur volonté et leur leadership affiché, conduire au changement tant voulu par le peuple.

Ainsi, en Côte d’Ivoire, nous avons vu durant les années de crises deux grands leaders, Guillaume K. Soro (actuel président de l’Assemblée Nationale) mais surtout un certain Blé Goudé Charles (actuellement emprisonné a la CPI). Quoique l’on puisse reprocher a ce dernier,  force est de reconnaître qu’il a su user de son leadership pour motiver et mobiliser autour de lui des centaines de milliers de jeunes pour atteindre un objectif commun. On se rappelle de ces foules immenses de jeunes dans les rues d’Abidjan, atteignant souvent les deux millions de manifestants à l’appel de celui là même qui se faisait appeler le général de la rue, aka Blé Goudé Charles.

Ensuite, au Sénégal,  après une interprétation erronée de la constitution pour se présenter aux élections de 2012, Abdoulaye Wade a eu face à lui une jeunesse motivée, conduite par des leaders tels que les rappeurs Keur Gui, et les journalistes Cheikh Fadel Barro et Aliou Sané. A travers le mouvement de contestation pacifique « Y’en a marre », ils ont mobilisé et incité les Sénégalais à voter, à renouveler le personnel politique, à lutter contre la corruption et à promouvoir le civisme.
Pour ce faire, ils ont lancé une grande campagne pour convaincre les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales afin de participer à l’élection présidentielle, organisé des manifestations et sit-ins sur la place de l’Obélisque à Dakar… Leur mobilisation portera ses fruits, et échec sera fait à Mr Wade, qui perdra contre toutes attentes les élections au profit de son ex-dauphin, Macki Sall.

Au Burkina Faso,  face à l’entêtement du  » Môgô Puissant », Blaise Compaore (au pouvoir depuis les années 80 après un coup d’état contre un certain Thomas Sankara) de tripatouiller la constitution et de se représenter aux élections, une jeunesse intègre s’est levée pour dire non.
Organisé au sein du « Balai Citoyen », avec des leaders tels que Smokey, Samsk le Jah, Rasmane zinaba, etc., le mouvement  « Balai Citoyen » a balayé à main nue Mr Compaore & Co. ils ont ainsi ouvert une période de transition qui, nous l’espérons, permettra au peuple burkinabé de s’engager sur de nouvelles bases, avec la prise en compte de leurs aspirations à accéder à plus de démocratie, plus de justice, un partage équitable des richesses du pays…

Enfin, qu’en est-il au Mali, chez nous ?

Si nous pouvons être fier d’un certain Abdoul Karim Camara – dit « Cabral » – des années 80, leader estudiantin emblématique assassiné le  17 Mars 1980, force est de constater qu’il est en réalité difficile aujourd’hui au Mali  de montrer une personne,  un jeune au plan national qui incarne le leader parfait.
Malheureusement, tout le monde s’autoproclame leader pour ne l’être en réalité que du bout des lèvres. Ce ne sont pas les occasions qui ont manqué pour que ces pseudo-leaders se fassent remarquer à travers leur capacité à motiver la jeunesse malienne pour la réalisation, ensemble, d’un but national commun.

Petit rappel :

En 2012, le pays est attaqué, en violation flagrante du serment contenu dans l’hymne national, je cite : « si l’ennemi découvre son front au dedans ou au dehors, debout sur les remparts,  nous sommes résolus de mourir,  pour l’Afrique et pour toi Mali… » . Des enfants de la patrie, censés défendre les frontières contre les agresseurs, ont retourné leurs armes contre l’Etat, faisant ainsi le coup d’Etat le plus « lâche » de l’histoire de l’Afrique, un coup d’Etat à seulement deux mois des élections, favorisant ainsi la chute des régions du nord aux mains d ‘islamistes.  Aucun leader n’a bronché!

Soutenu par une main invisible, un groupe rebelle autoproclame une république fantoche :  aucun leader ne se démarque du lot, on fait des communiqués laconiques et on organise des manifestations de clan par peur de se faire étouffer par d’autres associations.

Les islamistes terrorisent, amputent à Gao, à Tombouctou… Nos pseudo-leaders continuent les communiqués laconiques et manifestations de clan !

On tabasse le président de la transition, un vieillard de 70 ans, nous propulsant du coup à la tête du championnat africain de la connerie, et bis repetita : pseudo-leaders –> communiqués laconiques, manifestations de clan…

Les jeunes de Gao (que j’admire) sont assassinés lors d’une manifestation et de nouveau : pseudo-leaders –> communiqués laconiques…

Et depuis un certain temps, chômage des jeunes,  détournement de fonds publics,  passe-droit, favoritisme,  népotisme, banditisme grandissant… : pas de communiqués ni de manifestations de clan mais nos pseudo-leaders deviennent de plus en plus des Malcom X de Facebook.

-Quand je vois la jeunesse ivoirienne,  je suis sous le charme!
-Quand je vois la jeunesse sénégalaise, je suis en admiration
-Quand je vois la jeunesse burkinabé, je mets chapeau bas et je dis respect
-Quand je vois la jeunesse malienne… (les points de suspension seront remplacés le jour où j’aurai le qualitatif qui sied)

Mamadou Ben Moussa Couliba

mamadouben

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Mamadou Coulibaly, de son nom de plume '' Mamadou Ben Moussa Coulibaly'', est un jeune Ivoiro-malien. Passionné par le journalisme, il optera après l'obtention de sa maîtrise en Droit Public International et après des formations et stages en journalisme pour ce métier. Animateur radio, Journaliste Reporter d'Images Mamadou est aussi passionné par les nouveaux médias d'où son orientation vers le blogging. Activiste, Mamadou Ben Moussa Coulibaly est engagé au sein de différentes organisations de la société civile malienne militant dans le domaine de la bonne gouvernance, la défense des droits humains...

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