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A Bamako, j’ai pris place dans une Sotrama, une véritable aventure !

Dans une SOTRAMA,  j’ai pris place.

Avez-vous déjà visité Bamako,  la ville des trois caïmans ?

Si oui,  vous connaissez sûrement les SOTRAMA.

Si non,  alors venez embarquer avec moi dans l’un de ces mini bus qui servent de moyens de transports en commun dans la capitale malienne.

À Bamako,  il n’y a pas de bus à proprement parler comme dans d’autres capitales. Mais il y a des taxis de couleur jaune, leurs tarifs sont un peu élevés, variant généralement entre 1000 francs  et  6000 francs CFA. Mais il y a aussi les SOTRAMA, le moyen de transport le plus prisé par la population, majoritairement moins aisée, leur coût varie entre 150 et 175 francs CFA.Ces véhicules se caractérisent d’abord par leur couleur verdâtre et par l’aménagement de leur  intérieur, où l’on trouve des bancs à la place de sièges.

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L’intérieur d’une SOTRAMA

Il y a quelques années, nouvellement débarqué dans la ville,  je me souviens que je passais mon temps à contempler ces voitures avec des bancs à l’intérieur…

Grâce aux SOTRAMA tous les quartiers de Bamako sont ralliés au coeur de la capitale appelé « Railda  ».

La voie principale de "Railda" (image Google)
La voie principale de « Railda »

Toujours pressées,  les SOTRAMA roulent à toute allure se faisant souvent la concurrence à travers une course digne d’une course de rallye, et ce en pleine ville, ceci n’ est pas sans conséquences, il arrive qu’il y ait des accidents !

Accident entre une SOTRAMA et une voiture personnelle (image Google)
Accident entre une SOTRAMA et une voiture personnelle

Pour prendre un client,  les chauffeurs de SOTRAMA  n’hésitent pas à violer toutes les règles de stationnement.

 Les apprentis,  les rois des SOTRAMA 

Pour attirer la clientèle,  les apprentis pointés généralement à la porte du véhicule scandent toute la journée à vive voix le nom du quartier de départ et celui de la destination finale. Ne soyez donc pas étonnés d’entendre dans les rues de Bamako : « Railda Railda Railda é bé ta wa  »(*) .  Il  s’agit sans doute d’un apprenti de SOTRAMA  appelant la clientèle.

Un apprenti dans une SOTRAMA vide (image Google)
Un apprenti dans une SOTRAMA vide

 

Ah les  » LAMAGALÉ (**)  », toujours surexcités !! Entre eux et les  passagers, c’est une question de  »je t’aime moi non plus  ».

Si, selon l’ adage,  le client est roi, pour l’apprenti de SOTRAMA , c’est plutôt lui le roi, et le client doit exécuter ses directives.

Leur insolence n’a de limite que leur degré d’excitation. Ils se gavent de toutes sortes d’excitants pour pouvoir tenir le rythme.

Ils entassent les passagers les uns sur les autres et le premier qui se plaint, l’apprenti de SOTRAMA  l’invitera à descendre et à prendre un taxi car on fait pas le boss dans son véhicule.

Entre eux et les mémés, c’est une guerre déclarée qui frôle souvent la  comédie. Impossible de se retenir de rire quand un apprenti se met à chahuter les vielles personnes .

Ils ont inventé tout un lexique pour désigner les vielles dames :  » Korokara,  Korobale,  tchaidjougouni (***) …  ».

Certaines mémés jouent le jeu en les chahutant en retour, d’autres par contre se mettent sur la défensive face à ces plaisanteries de mauvais goût.

Pour répondre aux provocations des apprentis de SOTRAMA,  les femmes les ont surnommé  »Dala rido » autrement dit « les rideaux » parce qu’il sont toujours pointés aux portes des véhicules comme un rideau à une porte.

Apprenti à la porte d'une SOTRAMA
Apprenti à la porte d’une SOTRAMA

 

Le  » pacte »  Sotrama-policiers

Il est difficile de trouver des SOTRAMA en bon état…  à tel point que l’on serait tenté de se poser la question de savoir comment font-elles pour réussir le contrôle technique?
Généralement, les SOTRAMA  sont de vieux véhicules. Les plus neufs sont des véhicules d’occasions importés de France, appelés  » France au revoir  ».

Une vielle SOTRAMA )(image Google)
Une vielle SOTRAMA

Bien souvent elles excèdent  le nombre de passagers autorisés (18 personnes). Ce ne sont pas les nombreux points de contrôles de police de Bamako qui les dissuaderont d’abandonner de telles pratiques. Entre les chauffeurs de Sotrama et les policiers,  il existe « un pacte ». À chaque fois qu’ils se font arrêter par ces derniers,  il leur suffit de glisser un billet de 500 francs CFA pour reprendre de plus belle leur trajet.

Policier prenant un billet avec un chauffeur (image Google)
Policier prenant un billet avec un chauffeur

 

Les SOTRAMA et moi 

Mamadou Ben dans une SOTRAMA
Mamadou Ben dans une SOTRAMA

À mon arrivée à Bamako, je ne m’imaginais pas emprunter ce type de véhicule. Peut-être parce que j’avais le choix entre les motos assez nombreuses à la maison et les taxis (je ne connaissais pas à l’époque la puissance de la galère bamakoise).
Les jours passent mais ne se ressemblent pas. Mes économies se sont envolées et n’ayant plus de chauffeur pour me conduire à moto, et ne sachant pas bien conduire, par nécessité je me suis mis en mode SOTRAMA .

Au fil des années j’ai développé une passion pour ces mini bus. Aujourd’hui,  il m’arrive encore de l’emprunter quand le temps me le permet. Ces  véhicules m’ont d’ailleurs permis d’améliorer mon bambara !

 

La SOTRAMA,  source d’information non fiable

Une SOTRAMA remplie de passagers (image Google)
Une SOTRAMA remplie de passagers

Dans la SOTRAMA , il y a souvent des débats assez passionnants, ainsi, pour être au parfum de l’actualité dans le pays, emprunte donc une SOTRAMA ! Toutes les rumeurs y trouvent leur place, aucun sujet n’est tabou.

« Apprenti ã Gossi, ã Gossi  » (****)

Nous voilà enfin arrivé à « Railda » ! A bientôt pour une nouvelle destination !

 

(*)  Une manière pour les apprentis d’appeler la clientèle,  signifie littéralement  » Est ce que vous voulez partir à Railda ?   »

(**) Lamagale: surnom donné aux apprentis

(***)- Korokara : Torture

-korobale : vielle (péjoratif)

-Tchaidjougouni : Vilaine

(****) Lorsqu’un passager veut descendre,  par cette phrase,  il demande à l’apprenti de taper la cabine de la voiture afin que le chauffeur s’arrête.

mamadouben

mamadouben

Mamadou Coulibaly, de son nom de plume '' Mamadou Ben Moussa Coulibaly'', est un jeune Ivoiro-malien. Passionné par le journalisme, il optera après l'obtention de sa maîtrise en Droit Public International et après des formations et stages en journalisme pour ce métier. Animateur radio, Journaliste Reporter d'Images Mamadou est aussi passionné par les nouveaux médias d'où son orientation vers le blogging. Activiste, Mamadou Ben Moussa Coulibaly est engagé au sein de différentes organisations de la société civile malienne militant dans le domaine de la bonne gouvernance, la défense des droits humains...

5 thoughts to “A Bamako, j’ai pris place dans une Sotrama, une véritable aventure !”

  1. Bonjour Me Coulibaly. J’ai beaucoup aimer votre billet. Pendant que je réfléchissais a ce sujet, toi tu la fais. Félicitation!
     » Korokara : Torture » C’est plutôt Tortue, et non Torture. Merci..

  2. Jai adoree ce petit recit sur les sotramas.Jai ete a Bamako et jai eu loccasion demprunter une seule fois et je prie le bon Dieu pour que ce soit la derniere fois pck cest terrifiant.Lol

  3. Belle analyse cher frère je peu dire que c ‘est un monde part sache que moi même je suis dépassé souvent avec ces apprentits là ils n ‘ont reçu aucune éducation ; je suis née a Bamako mais dans ces derniers temps je peu faire une année sans emprumte les sotramas .

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