Quel rôle joue la jeunesse pour le renouveau de l’Afrique ?

Depuis quelques années, un vent de renouveau souffle sur l’Afrique grâce au dynamisme de sa jeunesse

En effet,  si dans la partie nord du continent, ce vent de renouveau s’est manifesté par le printemps Arabe, qui a entraîné la chute de plusieurs dictateurs, notamment le Tunisien Ben Ali, l’Egyptien Hosni Mubarak, le Lybien Mouammar Al Kadafi pour ne citer que ces trois, de façon générale, on assiste de plus en plus à une certaine prise de conscience de la jeunesse africaine quant au rôle qu’elle doit jouer pour mettre le continent sur les rails du développement. Il n’est plus  rare de rencontrer, en Afrique, des jeunes décomplexés qui prennent toute la part qui leur revient de droit dans la conversation mondiale que ce soit à travers l’entrepreneuriat, la culture, le sport ou par le biais de mouvements exigeant redevabilité de la part des gouvernants et le respect des principes démocratiques. De « Y-en-a-marre » au Sénégal en passant par le balai Citoyen au Burkina Faso et Filimbi au Congo, les jeunes africains sont désormais décidés à jouer un rôle prépondérant dans le renouveau. Ils entendent ainsi être moteur de cette nouvelle Afrique qui désormais se présente fièrement comme fer de lance du monde.

Mais comment cette jeunesse contribue-t-elle au renouveau du continent ? Cette implication des jeunes conduira-t-elle le continent vers le développement tant attendu ?

Une société civile jeune de plus en plus forte

Le renouveau en Afrique passe nécessairement par la jeunesse qui selon des statistiques de la Banque mondiale constitue environ 60 % de la population. Longtemps instrumentalisée et marginalisée, cette jeunesse s’exprime désormais et s’organise pour faire respecter sa volonté et rétablir un nouvel ordre. Elle ne jure plus que par le respect des règles du jeu démocratique dans lequel elle voit une source de stabilité et d’opportunités de création d’emplois. Pour avoir plus d’impact, les jeunes s’organisent selon les pays à travers des mouvements de revendication qui dans certains pays ont pu conduire à la chute de dictateurs. Qui ne se rappelle pas de la chute surprise en janvier 2011 du président Tunisien Zine El-Abidine Ben Ali à la suite de soulèvement d’abord des jeunes pour rendre justice au vendeur ambulant Mouhamed Bouazizi. Comme une traînée de poudre, le même mouvement se reproduisait en Egypte et en Lybie avant d’atteindre d’autres pays arabe. Le mouvement est alors appelé ‘’ Printemps Arabe ‘’.

A l’ouest du continent, au Sénégal, c’est le mouvement « Y-en-a-marre », né en 2011 composé de journalistes et d’artistes , qui engage la lutte, au départ contre les coupures intempestives de courant et après pour inciter les sénégalais à participer massivement aux élections  pour renouveler le personnel politique, lutter contre la corruption et promouvoir le civisme.

Au Burkina Faso, les jeunes s’organisent et portent sur les fonts baptismaux en 2013 ‘’le Balai Citoyen’’. Le mouvement finira par balayer un 31 octobre 2016 Blaise Compaore après 27 ans de règne sans partage.

Le retour des jeunes cadres de la diaspora   

Depuis quelques années, nous assistons au retour de nombreux jeunes cadres de la diaspora africaine. Si avant, ils étaient nombreux à choisir de rester en Europe ou aux Etats-Unis après leurs  études, aujourd’hui, la donne a changé. De plus en plus de jeunes font le choix de revenir afin de saisir les opportunités qu’offrent désormais le continent. Se faisant avec l’expérience acquise en occident, ils viennent jouer un rôle important dans le processus de développement du continent. De Bamako à Dakar en passant par Abidjan, les jeunes entreprises des cadres de la diaspora prospèrent et sont citées en exemple. 

L’entrepreneuriat comme rempart contre le chômage 

La jeunesse africaine a compris que son salut ne viendra plus de la fonction publique. Elle ne jure plus que par l’entrepreneuriat. Pour cela, les jeunes sont prêts à parcourir le monde pour faire prospérer leurs entreprises. Les jeunes n’hésitent plus à tirer profit des opportunités qu’offrent le numérique pour innover et proposer des solutions nouvelles aux populations. C’est le cas de Cheikh Diagana, CEO fondateur de l’entreprise de communication digitale ‘’Cat Digitale’’ qui a d’ailleurs quitté amis et famille pour s’installer à Bamako afin d’y proposer ses services.

 

 

Cheikh Diagana et un de ses clients à son bureau /Jeunesse

 

A l’incubateur CREATEAM sis, à Badalabougou (Bamako) où nous lui avons rendu visite, Cheikh ne cesse d’enchaîner les rendez-vous. Quand on lui pose la question de savoir, comment la jeunesse africaine contribue au renouveau du continent, sa réponse est on ne peut plus claire :

‘’Contrairement à ce que beaucoup pensent, la plus grande richesse de l’Afrique, c’est sa jeunesse.

Elle est souvent taxée des pires superlatifs : nulle, immature j’en passe.

Mais faisons un voyage dans le temps, cette jeunesse d’aujourd’hui a tiré un trait sur les problèmes des anciens. Elle a brisé les frontières. Elle est connectée, elle vote, elle voyage et est très curieuse, mais surtout elle a changé d’attitude: elle rêve.

Nous assistons à ce que j’appelle la connexion des grands esprits, en effet la jeunesse africaine crée son entreprise, elle exige des Etats un environnement sain pour faire des affaires.

Le discours a changé, nous ne courons plus derrière la fonction publique, nous créons des emplois ! 

Par ailleurs elle n’est pas parfaite cette jeunesse, il faut la polir. Elle doit se former davantage, elle doit créer des communautés fortes et organisées dans tous les secteurs d’activités. Elle doit se soutenir et être empathique. Elle doit s’engager dans le social, la politique (la politique saine et vertueuse), investir dans l’agriculture, l’élevage et le numérique. Cette jeunesse-là aura de la voix et s’offrira des lendemains meilleurs. ‘’

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *